ROBE YAA ASANTEWAA

Pour souligner l'importance d'encourager plus de femmes chefs dans la société ghanéenne, la Yaa Asantewaa Girls' Secondary School fut créée à Kumasi en 1960 avec des fonds de la Ghana Educational Trust.


Source :

  • Wikipedia
  • www.histoireparlesfemmes.com

Koo koo hin koo
Yaa Asantewaa ee!
Obaa basia
Ogyina apremo ano ee!
Waye be egyae
Na Wabo mmode


("Yaa Asantewaa
La femme qui se bat contre les canons
Vous avez accompli de grandes choses
Et vous avez bien fait")

Yaa Asantewaa – Ghana
(v. 1840 – 17 octobre 1921)

Durant le règne de son frère, Yaa Asantewaa voit la Confédération Ashanti faire face à une série d'évènements qui menacent son futur, notamment la guerre civile de 1883 à 1888. Quand son frère meurt en 1894, Yaa Asantewaa use de son droit de reine mère pour nommer son petit-fils, Ejisuhene. Quand les Britanniques l'exilent aux Seychelles en 1896, avec le roi Asante Prempeh I et d'autres membres du gouvernement Ashanti, Yaa Asantewaa devient régente du district d'Ejisu-Juaben. Après l'exil de Prempeh I, le gouverneur-général britannique de la Côte-de-l'Or, Frederick Hodgson, réclame le Trône d'Or, le symbole de la nation Ashanti. Cette requête mène à une réunion secrète des membres restants du gouvernement Ashanti à Kumasi, pour débattre d'un moyen sûr de ramener le roi ; mais les membres présents sont en désaccord sur la façon de procéder. Yaa Asantewaa, qui était présente à cette réunion, se leva et adressa aux membres du conseil ces mots aujourd'hui célèbres : « Je vois que certains d'entre vous ont peur d'aller se battre pour notre roi. Si c'étaient les jours glorieux d'Osei Tutu, Okomfo Anokye, ou Opoku Ware I, les chefs ne regarderaient pas leur roi se faire enlever sans faire feu. Aucun Européen n'aurait pu parler aux chefs Ashanti comme le gouverneur vous a parlé ce matin. Est-ce vrai que la bravoure Ashanti n'est plus ? Je ne peux pas le croire. C'est impossible ! Je dois dire ceci : si vous, les hommes d'Ashanti, n'y allez pas, alors nous le ferons. Nous, les femmes, le ferons. J'en appellerais à mes camarades femmes. Nous nous battrons ! Nous nous battrons jusqu'à ce que la dernière des nôtres tombe au champ de bataille. »

Après cela, elle prit la tête de la rébellion Ashanti de 1900, gagnant le soutien d'autres membres de la noblesse.

Débutant en mars 1900, la rébellion assiégea le fort de Kumasi où les Britanniques s'étaient réfugiés. Après plusieurs mois, le gouverneur de la Côte-de-l'Or finit par envoyer 1 400 hommes pour lever le siège, auxquels il fallut joindre 1 200 de plus pour mettre fin à la rébellion. Durant cette attaque, la reine Yaa Asantewaa et quinze de ses plus proches conseillers furent capturés et déportés aux Seychelles. La rébellion fut la dernière des guerres anglo-ashanti qui duraient depuis le XIXe siècle. Le 1er janvier 1902, l'empire Ashanti devint un protectorat de la couronne britannique, au bout de presque un siècle de résistance acharnée de l'armée Ashanti.

Yaa Asantewaa mourut en exil aux Seychelles le 17 octobre 1921. Trois ans après sa mort, le 27 décembre 1924, Prempeh I et les autres exilés furent autorisés à retourner à Ashanti. Prempeh I s'assura que les dépouilles de Yaa Asantewaa et des autres exilés décédés soient ramenées pour recevoir l'enterrement qui leur était dû. Le rêve de Yaa Asantewaa de voir les Ashanti libérés des Britanniques se réalisa le 6 mars 1957, lorsque le protectorat Ashanti gagna son indépendance en tant que partie du Ghana, la première nation d'Afrique subsaharienne à accomplir cet exploit.

Le rôle social des femmes Ashanti :
L'affrontement d'une femme à la tête d'un empire était étranger aux troupes coloniales britanniques du XIXe  siècle en Afrique. L'appel de Yaa Asantewaa aux femmes de l'empire Ashanti est basé sur les obligations politiques des femmes de l'empire Ashanti et leur rôle dans la société. La société Ashanti était un matrilignage, et dans la hiérarchie les postes masculins avaient des homologues féminins. Pour chaque ôdekuro, conseil de village, une ôbaa panyin était partie responsable pour les affaires des femmes du village. Le chef d'une division, le ôhene, et le chef de la communauté, le ômanhene, avaient leur homologue féminin ôhemma : une femme chef qui assiste aux conseils. Les femmes participaient non seulement aux procédures judiciaires et législatives, mais aussi au partage des terres et à la décision de commencer ou d'arrêter la guerre

Héritage culturel et historique :
Yaa Asantewaa reste une figure très aimée de l'histoire Ashanti et de l'histoire du Ghana pour son rôle dans l'opposition aux colons britanniques. Elle est immortalisée dans la chanson qui suit :