Lorsque Diego Cao, le navigateur portugais débarqua sur l’embouchure du fleuve Congo en 1482, il se doutait bien de rencontrer des autres peuples. Deux ans plus tard, en arrivant dans un royaume, il fut surpris de la beauté du pays, du sens de l’organisation sociale de ce peuple, en cette année 1484, de trouver des Noirs si impeccablement vêtus, des parures des femmes, de la bonne santé des enfants, très polis, des gens courtois, alors même qu’ils n’avaient jamais été en contact avec la « civilisation européenne ».

Les Portugais y trouvèrent en effet une population industrieuse occupée à des activités variées. L’un des rares documents conservés de l’époque décrit le territoire Angolais ainsi : « l’endroit offrait au voyageur le spectacle le plus brillant et le plus enchanteur. Des vignobles immenses, des champs qui tous les ans se couvrent d’une double moisson, de riches pâturages. La nature semble prendre plaisir à rassembler ici tous les avantages que les mains bienfaisantes n’accordent que séparément dans les autres contrées et, quoique noirs, les habitants du royaume d’Angola sont en général fort adroits et très ingénieux ».

Le pays était bien tenu, ils comprirent vite que c’est un royaume, avec une administration sérieuse, des codes sociaux, une terre si riche, une agriculture vivrière autosuffisante. Tout était calme, prospère. Il y avait des belles maisons fort bien construites, une architecture qui n’ont rien à envier avec celles de l’Europe. Le commerce entre voisins se faisait sans heurts. Tout se faisait en troc. Le royaume Kongo commerçait avec le royaume de Matamba, cette contrée que les habitants appelaient « a-ngola », qui signifiait : le pays du roi Ngola. Le nom de ce souverain très respecté. Il y avait une Cour avec des notables, des princes et princesses, une armée curieusement dirigée par une femme, la fille du roi, qu’on appelait la reine Zingha. Jeune et d’une beauté stupéfiante. Dans son armée, dans cette armée les femmes tenaient un grand rôle. Elles étaient des Amazones, savaient manier les armes et montaient à cheval, et elles étaient rompues au combat contre des éventuels ennemis.

Anna Zingha est devenue reine quand son frère décéda en 1624. C’était une habile tacticienne au tempérament de fer et au charisme incontesté. Elle plaça des femmes, y compris ses deux soeurs Kifunji and Mukumbu, à tous les postes gouvernementaux.

Initiée dès le plus jeune âge par son père qu’elle suivait comme une ombre, elle avait appris à réagir en « homme » d’Etat. Celle qui se présentait aux Blancs, (Diego Cao et sa délégation), était cette jeune guerrière, la fille du roi, nommée reine Zingha. Habile au maniement de la flèche empoisonnée, la légende disait qu’elle ne manquait jamais sa cible. 

Quand les Portugais ont cassé le traite de paix, elle a menée une armée largement composée de femmes contre eux, qui leur a infligé des dommages terribles, tout en conquérant les royaumes proches dans une tentative de construire une confédération assez forte pour chasser les Portugais de l’Afrique. Elle a accepté un cessé le feu, et a ensuite accepté un traité de paix en 1635. Accueillie par le vice-roi du Portugal Don Joao Correia da Souza, Anna Zingha marqua les colons pour son sens de la répartie et son habileté politique qui domina la rencontre. Elle parvint à obtenir le reculement des troupes étrangères hors des frontières antérieurement reconnues et le respect de la souveraineté du Matamba. A la fin de la négociation le vice-roi proposa que le territoire libre de la reine soit mise sous la protection du roi du Portugal, ce qui signifiait en réalité le paiement d’un impôt qui consistait en la livraison de 12 à 13’000 esclaves par an à l’administration coloniale! Proposition qu’Anna Zingha refusa fermement. Le traité signé, Anna Zingha obtenu gain de cause et pu régner sur la dernière partie libre du pays jusqu’à sa mort en 1664 à l’âge de 82 ans. Sans laisser d’héritier sur le trône elle fut la dernière souveraine à avoir reigné sur l’Angola. 

L’Angola était fier de sa reine Zingha que les Portugais débaptisèrent Anna Zingha. Jusqu’à sa mort, elle est restée digne, ne trahissant jamais la cause de son peuple qui lui devait un profond respect. Comme toutes les filles de cette époque, elle savait se tenir devant les hommes.  Hélas, elle sera trahit par les siens et le pays d’Angola connaitra l’esclavage, les guerres et la colonisation.

La reine Zingha (Jingha) d’Angola, a marqué l’histoire de l’émancipation de la femme africaine avant l’heure, avant l’arrivée des colonisateurs portugais en Afrique noire. Figure légendaire de bravoure et d’intelligence, on lui attribua une rue et une statue à Luanda. Anna Zingha fut la dernière reine de l’Angola précoloniale. Ayant régné pendant une trentaine d’année au 17ème siècle, jusqu’à sa mort à 82 ans, Anna Zingha opposa une vive résistance aux ambitions du Portugal sur son royaume. Jusqu’à aujourd’hui elle reste un symbole de la résistance contre la traite négrière et la colonisation de l’Afrique.


Source:

  • www.afropea-mag.com
  • www.matricien.org

ANNA ZINGHA – ANGOLA
1624- 1664

Anna Zingha, de son vrai nom, Ngola Mbandi Nzinga Bandi Kia Ngola qui signifie « la reine dont la flèche trouve toujours le but », elle est la fille du huitième roi d’Angola et fut la reine du 17ème siècle des royaumes Matamba et Kongo. Dès son plus jeune âge, elle fut initié à l’art de la Guerre et su manier avec grande habilité la flèche empoisonnée, au point que la légende disait qu’elle ne manquait jamais sa cible.

A l’arrivée en 1484 des Portugais sur le territoire Angolais géré par la reine Anna Zingha, les colons furent surpris d’y découvrir un eldorado de 8 provinces, aux terres richement fertile et d’élevage bovin prospère. 

ROBE ANNA ZINGHA